C'est vraiment exceptionnel : je suis en arrêt de travail... Mon éducation judéo-chrétienne me culpabilise à donf : je peux marcher, je puis même réfléchir... je peux donc aller bosser (parce que, de toutes façons, un fonctionnaire, et un bibliothécaire, en plus, qui passe son temps à bouquiner...)

Depuis vendredi, j'ai de la fièvre : information passionnante sur ce blog, me direz-vous ! vous vous en fichez totalement, vous avez vos soucis, et je comprends fort bien. Mais, cet état fébrile résistant aux médics, je me suis traînée chez le toubib hier. Arrêt de travail, avec diagnostic : "dengue like", terme usul ici pour dire que p'têt ben kcé la dengue, p'tête ben que non, d'ailleurs, mais une "fièvre inexpliquée", comme il s'en rencontre pas mal ici, avec "surinfection collatérale". Pas bien grave, mais l'occasion de vous rappeler qu'en Guyane la dengue, véhiculée par de gentils moustiques (femelles d'aedes aegypti) peut parfois être mortelle.

A priori, les moustiques vecteurs de la dengue frappent le matin ou en soirée (je dis "a priori"... parce que... j'ai vu des pattes rayées sur mes pattes à moi, je pense en pleine journée !) (parce que les aedes aegypti enfilent des collants et pulls chaussette rayés noir et blanc avant d'aller au restau).

Après une courte période d'incubation (3 à ??? jours), la dengue se déclare chez le sujet : fièvre, migraines, nausées : symptômes divers et variés, qui ressemblent souvent à ceux d'une grippe. Lorsqu'il est fiévreux, le piqué est contagieux : bonne occasion pour les moustiques de continuer à le piquer pour aller propager la maladie chez d'autres ! C'est ainsi que continue le cycle infernal...

Depuis que guyanais nous sommes, il y a eu deux vagues d'épidémie, même si la dengue est toujours là. Il y a quatre sérotypes de dengue, du 1 au 4. La dengue 2 et 3 ont violemment frappé, provoquant quelques décès ; la 1 n'est pas encore apparue en Guyane, alors qu'elle a été très violente aux Antilles.

De mes propos embrumés émerge je l'espère la nécessité de se protéger ; alors que je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir la dengue, mais juste... je ne sais quoi..., il convient normalement que j'évite absolument de me faire piquer, en portant des vêtements longs (ça, pas de problème), que je me tartine de répulsif (j'en ai moins l'habitude, c'est assez toxique à la longue... mais je l'ai quand même fait aujourd'hui !) et que je dorme sous moustiquaire (et dire que mon compagnon est l'acteur de l'importation des moustiquaires imprégnées en guyane... et que nous ne nous en servons pas..) (mais nous dormons avec la clim, les moustiques n'aiment pas). Lorsque la dengue est réellement identifiée, on peut faire appel au service de démoustication du conseil général (le sdd, vous avez ses coordonnées sur le site du cg) afin qu'il passe tenter de détruire un maximum de gîtes larvaires. Parce que, je ne sais si je vous l'ai déjà dit... mais les moustiques ont la peau rustique : des oeufs de moustiques peuvent résister, secs, plusieurs mois en période sèche et éclore joyeusement dès que la pluie arrive... C'est pas beau, la vie ? N'oublions pas que nous faisons tous partie d'une immense chaîne alimentaire : alors, bon appétit, gentils petits moustiques !

Quant aux médicaments à prendre, surtout, pas d'aspirine : elle fluidifie le sang, et la dengue prend parfois des formes hémorragiques qu'il ne faut surtout pas risquer d'amplifier. Alors, si vous pensez que peut être.. ne faites pas comme moi, n'attendez pas cinq jours pour aller chez le médecin. Et acceptez les arrêts de travail, afin que vos collègues de boulot ne se fassent pas grignoter par des moustiques qui auraient pris l'apéro chez vous auparavant.