Ma cabane en Guyane

samedi 7 février 2009

De Guyane en Guyenne...

Bonjour,

Les jours, semaines & mois défilent sans qu'un instant le temps m'accorde l'infime moment nécessaire pour venir dans ces lignes converser avec vous... Pardonnez-m'en, j'en suis la première affligée !!!

A Bordeaux donc aujourd'hui implantés, nous sommes au coeur de la Guyenne - qui, en occitan, se dit... Guiana... - (il n'y a pas de hasard !!!), ancienne région aux contours aujourd'hui tombés en désuétude. Je travaille depuis peu dans une médiathèque, aux problématiques naturellement tout à fait différentes de celles de Cayenne. Intéressant... mais quelque peu envahissant, puisque je quitte notre logis bordelais à 7 h 30 du matin pour y revenir environ douze heures après : que voilà de belles journées !!!

Il ne me reste donc que fort peu de temps pour ici vous rejoindre, j'en suis fort marrie.

Surtout que je lis (1/2 h de tram matin, autant le soir !) ; je sors d'"une fille sans qualité" ("Spieltrieb"), de Julie Zeh, publié chez Actes Sud en 2007 (chez Babel aujourd'hui). Quasi 500 pages nous plongent dans l'univers d'un désert affectif incommensurable d'une jeune fille, Ada, confrontée au machiavélisme d'un plus vieux, Alev, dans leur vie lycéenne quotidienne : deux profs, une femme, de la philo, de la musique, de la neige, une chute finale... Pas tout rose, traduction parfois un peu heurtée - volontairement ? -, mais un cheminement très crédible qui, au-delà des questions et inquiétudes qu'il suscite, au final restitue une belle humanité aux antagonistes : l'auteur s'impose comme une provocatrice particulièrement subtile. Très jeune, elle est juriste et impliquée dans la vie politique allemande. A découvrir, Actes Sud vient de publier une autre traduction d'elle.

Voilà ; c'était une petite reprise de contact. Je souhaite profondément revenir ici de plus en plus régulièrement, en avoir le temps malgré tout !

En cette période si agitée pour la Guadeloupe, puis la Martinique, je ne puis que penser à la Guyane à qui je souhaite une meilleure année que 2008 !

Et Vive Vaval !!!

A bientôt.

Posté par biblioguyane à 08:53 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


mercredi 3 décembre 2008

D'autres terres, d'autres combats !

Malgré mon temps consacré à tenter de suivre l'actualité guyanaise, je n'ai pas oublié le plaisir de la lecture... Encore que les deux derniers "petits lus" ne soient pas follement gais. Mais utiles. Pour la mémoire collective, pour la mienne aussi !

Le premier est de Philip Roth, il s'appelle "le complot contre l'Amérique" (titre original : "the plot agains America", traduit par Josée Kamoun ; ce n'est pas son dernier roman, le dernier, c'est "un homme", sorti en 2007. Je ne l'ai pas lu, pas plus que je ne me ferai l'intégrale. Philip Roth est un auteur américain né au début des années 30 ; concerné directement par les problèmes de la communauté juive, le jeune héros vit l'inquiétude de sa famille lors de l'investiture du "président" Lindbergh... : mélange de vérité et de fiction, ce roman est partiellement autobiographique et les impressions, craintes, du jeune garçon devant la montée de l'antisémitisme dans son pays, les interrogations d'un peuple face à l'engagement du pays dans une guerre qui ne les concerne a priori, sont justes et m'ont fait voir d'un oeil nouveau la guerre côté USA.

Déstabilisant par sa complexité, bien écrit mais pas forcément si fluide que cela, ce livre vaut le coup. Il est nécessaire de découvrir toujours un peu plus une partie plus élargie du monde... il n'en est jamais trop tard...

Restons dans le champ de batailles, c'est d'actualité (non, non, pas par rapport à la Guyane, par rapport à l'anniversaire de la fin de la guerre 14-18, "la dernière", comme "y disaient" : on n'est plus du tout dans la fiction, il s'agit là des notes prises jour après jour dans les tranchées par un poilu guyanais, mobilisé dès 1914, "vaillant" jusqu'au bout. Après la guerre, rentré chez lui, dans le Sud-Ouest, il remettra en forme ses notes, et sa descendance le fera publier en 1978. Il le mérite bien... Il s'agit donc de "Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918"réédités en 2003 par les éditions de La Découverte. Socialiste, Louis Barthas ne garde ici pas pour lui tout le "bien" qu'il pense des officiers. Il décrit le quotidien des poilus, le carnage, les horreurs supportées quotidiennement, la mesquinerie et la tyrannie de certains officiers - mais sait aussi souligner l'attention d'autres chefs - ; il décrit l'état des territoires traversé, la tension vécue au jour le jour, les rencontres imprévues, quasi amicales (rarissimes !) dans les tranchées avec des soldats allemands, il nous fait vraiment vivre cette tragique expérience : pour moi, la lecture de ce livre, dur page après page, est quasiment pour nous un "devoir de mémoire". Je ne regretterai pas cette lecture, et je vous la conseille... mais soyez en forme quand même !

A  très bientôt.

Posté par biblioguyane à 16:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Guyane, il faut qu'on te dépanne !

Il en est plus que temps... les différentes infos que je glane - difficilement - ici et là ne semblent pas vraiment positives...

Frustrée, je l'étais jusqu'à tout à l'heure : je ne pouvais voir le journal de rfo guyane ! Parce qu'il faut reconnaître qu'en dehors du site de Blada et le travail énorme d'Odile, qui brasse des tonnes de messages en tentant de ne pas laisser de propos "trop", il est réellement difficile d'avoir, de france métropolitaine, des nouvelles de la guyane et de l'évolution de la situation ; d'aucuns disent qu'il n'y a jamais de news en france, ce n'est pas tout à fait exact : j'ai créé par l'intermédiaire du plus grand portail disponible sur internet une alerte sur le mot "Guyane", relié à ma boître aux lettres : j'ai plusieurs messages par jours, n'émanant pas tous, tant s'en faut, de la guyane.

Alors, Blada est le terrain de jeu de... Maya, dont je vous recommande le dernier message (http://www.blada.com/boite-aux-lettres/courrier/45126.htm) : bon, c'est sûr, ce n'est pas totalement objectif, mais peut on être serein lorsqu'on vit cette situation depuis plus d'une semaine ? Et puis c'est vraiment drôle... Cela fera découvrir aux non initiés le type d'échanges qui fusent entre les différents bords. Je pense que certains auteurs auraient intérêt à tremper leurs doigts dans du miel à la place de l'arsenic avant de tapoter à la vitesse de la lumière sur leur clavier d'argent ! Il ne faut pas que ce forum devienne lieu de haine, même si la plupart parviennent à apporter des contributions utiles sur ce qui se passe.

Et j'ai regretté, tout particulièrement, de ne pouvoir de mes yeux voir le débat d'hier soir entre le Préfet et les Présidents des deux principales collectivités guyanaises, je n'en ai que l'écho - pas forcément positif - des bladanautes, j'ai beau chercher sur le site de rfo, je n'ai pas l'impression d'y avoir accès ! Parce que le journal d'hier, que j'ai pu visionner finalement tout à l'heure, en dehors d'un petit tour sur divers barrages, une ou deux phrases du président du conseil général, alain tien long, il n'y avait pas grand chose...

Tiens, au fait ? On ne parle pas beaucoup non plus sur rfo de l'actualité internationale... Et pourtant, si la crise est apparente en Guyane par le biais de cette manifestation, elle va largement au-delà du coût des carburants en France (métropolitaine, mais donc aussi "domienne" !).

Tout cela pour dire aux lecteurs "métropolitains" qui l'ignoreraient encore que la situation "sur les différents fronts" ne s'apaise manifestement pas encore et que nous pouvons penser aux craintes des entreprises qui s'inquiètent pour leur avenir, déjà problématique, des commerçants plus ou moins mis en cause, et, plus largement, des "citoyens" lambda dont les préoccupations familiales, sanitaires, pécuniaires sont tout aussi légitimes que celles des élus.

J'arrête sur le sujet... pour ce soir... mais, lecteurs non résidents de Guyane, renseignez vous ; c'est sûr, il n'y a guère d'info sur les chaînes nationales. Mais quelle analyse peut vraiment être tirée des éléments ? Certains parlent de "grève" ; pour moi ce n'en est pas une, ou du moins pas une "grève générale" : c'est un blocage des voies de circulation pour obtenir une baisse du prix des carburants : beaucoup aimeraient manifestement pouvoir travailler normalement, parce qu'ils doivent gagner leur vie, parce qu'ils savent que les urgences vont s'accumuler et qu'à leur retour au travail personne ne viendra les aider à les gérer mais que tout le monde saura bien les critiquer si ces urgences ne sont pas traîtées...

Bon, j'arrête vraiment ! A très bientôt.

Posté par biblioguyane à 14:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 1 décembre 2008

En Guyane, même les rats font des barrages...

C'est à peu près ce qu'a dit le Président du Conseil Général hier, en réaction soit aux dernières propositions d'Yves Jégo, soit aux propos de Monsieur Radjou, du conseil économique et social, qui tentaient une ouverture pour mettre fin à un blocage paralysant la Guyane depuis désormais plus d'une semaine.

L'essence est donc dramatiquement chère en Guyane (1,77 € le litre d'essence, 1,55 celui de gas oil) ; l'Etat, ici, ne prélève pas de taxe sur ce prix. D'un montant d'environ 70 centimes le litre, elle est prélevée par le Conseil Régional qui en reverse ensuite une partie aux autres collecvités. Le gouvernement a réussi à obtenir des "pétroliers" une remise de 30 centimes le litre ; par rapport au 50 centimes exigés par les consommateurs, il manque donc 20 centimes, qu'Yves Jégo demande à la Région de lâcher, avec une compensation de 10 millions euros.

Les élus ne veulent donc pas céder en acceptant cette proposition ; ce conflit est l'occasion finalement pour la guyane de faire parler d'elle, de ses difficultés... Il est évident que la situation économique y est explosive, que le taux de chômage y est énorme (30 %), que celui du Sida est phénoménal, que le coût de la vie y est quelque peu élevé, que la tension interethnique y est palpable, que l'orpaillage renforce l'insécurité. La "lutte" engagée dépasse donc le problème du coût des carburants ; on peut le comprendre...

Le Président du Conseil Général de Guadeloupe vient d'apporter son soutien aux manifestants en faisant un tour sur les barrages hier ; cela va-t-il élargir le conflit aux Antilles ? Si oui, quel bénéfice pour la Guyane ?

Si vous voulez vous tenir au courant, je vous conseiller d'aller écouter Radio Guyane sur Internet : http://radio.rfo.fr/index-fr.php?page=accueil&radio=1 ; vous pouvez aussi allez regarder le journal sur le site de rfo : http://www.rfo.fr/v4_player_jt.php3?ids=4 (c'est le journal d'hier, dimanche 30).

Parce que les guyanais se plaignent, à mon sens à juste titre, que leur mouvement n'est pas relayé, que "tout le monde s'en fout" en métropole ; c'est sans doute l'une des pierres d'achoppement de ce conflit, le peu d'intérêt apparemment manifesté par les médias pour le sujet.

A bientôt ; bonne journée à tous !

Posté par biblioguyane à 07:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 25 novembre 2008

L'essence de la vie guyanaise...

...est ces jours-ci fortement remise en question par cette hausse incessante du prix des carburants, par le ras le bol des consommateurs largement manifesté hier à Cayenne et Kourou, par cette absence de transports en communs qui rend impossible le recours à une solution alternative aux blocages et aux coûts excessifs...

Auparavant, l'essence parvenait en Guyane d'un pays proche ; lorsqu'il fut établi que les normes de l'Europe n'étaient pas respectées dans la composition de ce carburant, l'on décida de mettre en place un circuit de distribution permettant la livraison d'éléments moins polluants ; c'est donc par la société Sara que fut mise en place cette nouvelle organisation. On peut penser légitime qu'un surcoût en découle... Mais on peut également estimer légitime que les consommateurs craquent en voyant grimper le prix de l'essence (1,77 € le litre ???) alors qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur véhicule personnel, puisque la notion de transport en commun est particulièrement ténue en Guyane.

Je vous l'ai déjà dit, c'est à Bordeaux que je suis actuellement installée ; en dix ans, spectaculaire transformation de la ville : trois lignes de tram, maintien de nombreuses lignes de bus... Malgré cela, Bordeaux reste une ville encombrée, où il est particulièrement pénible de circuler. Lorsque les transports en commun sont arrêtés pour cause de grève (comme jeudi dernier, où un rendez-vous essentiel m'a donc valu une petite marche au pas de charge de quasiment deux heures...), Bordeaux est quasiment bloquée et l'on peut donc prendre la mesure de la masse de population desservie par ces transports... Tout est effectivement fait pour que l'usager abandonne son véhicule personnel (voies à sens unique, prix élevé du stationnement intra muros, parkings à proximité des terminus de tram, etc...). Cela ne peut empêcher, en raison de leur métier ou de leurs horaires ou de la localisation de leur domicile ou de celle de leur boulot, l'emprunt obligatoire du véhicule personnel par une proportion non négligeable d'usagers.

Bordeaux a environ 250 000 habitants, hors agglomération qui doit bien en compter 200 000 ; largement plus donc que la Guyane. Ceci peut expliquer que "les autorités" ne voient pas l'urgence de la mise en place d'un maillage de l'île de Cayenne par une vraie desserte de bus, de taille à discuter, mais avec des horaires réguliers (je sais qu'il existe quelques bus, mais en nombre totalement insuffisant par rapport aux besoins). Parce qu'il est impensable de laisser une population supporter cette lente dégradation de sa qualité de vie (embouteillages de plus en plus denses, coût du carburant de plus en plus élevé) : comment les élus ne se manifestent ils pas plus sur le sujet ? Pourquoi les services de l'Etat ne parviennent ils pas à attirer l'attention de l'Etat sur l'urgence du règlement du problème ?

Il est facile à certains de critiquer les "grévistes" : certes, d'aucuns profitent de la situation pour se mettre en vacances... mais d'autres se retrouvent réellement dans des situations dramatiques devant lesquelles ils ne peuvent que s'affoler. Je pense que le mouvement qui s'est mis en place aboutira à une réflexion ; espérons qu'elle ne s'arrête pas à une légère diminution du prix du litre mais qu'elle débouche sur une prise de conscience "citoyenne" de la nécessité de mettre en place un autre plan de circulation dans et entre les villes...

J'ai également cru comprendre que la situation  quotidienne du quartier Mont Lucas se dégradait. Je connais l'endroit... Mais il est évident qu'une politique de la ville, avec mise en place de moyens nécessaires, est totalement prioritaire, ici comme dans d'autres points "sensibles" ; l'on ne peut que souhaiter que l'équipe municipale en place depuis le début de l'année prenne à bras le corps cette difficile situation pour y trouver solution...

Bonne journée à vous...

Posté par biblioguyane à 04:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


jeudi 20 novembre 2008

Les grandes personnes...

... en Guyane, ce sont les personnes âgées, et j'avais étais plutôt émue en entendant certaines de mes collègues les dénommer ainsi : le "grande personne", énoncé par elles, était très respectueux, digne. Beaucoup d'expressions méritent d'être entendues pour redonner un sens et une saveur à la vie, aux évènements : celle ci en est une pour moi !

Mais je viens juste vous parler de ce tout récent film d'Anna Novion, réalisatrice franco-suédoise, "les grandes personnes", dont m'avait parlé une amie. D'abord parce que le héros principal est... bibliothécaire... (bon, j'aimerais bien le voir dans sa vie professionnelle, un peu décalé sans doute par rapport aux nouvelles technologies) (ceci dit, je pense qu'un "bon" bibliothécaire se doit d'être rêveur...). Et ça, pour l'être, il l'est : il s'appelle Albert et est interprété par Jean-Pierre Daroussin. C'est les vacances, et comme tous les ans il emmène sa fille, Jeanne (Anaïs Demoustier) découvrir un pays européen : l'année dernière, c'était Rome, cette fois ci, c'est la Suède ; mais pas Stockholm, une toute petite île perdue au milieu d'autres ilôts rocheux, où il espère trouver un trésor mythique... Je ne vous en dis pas plus ; ce n'est pas un film "à thème", en plein dans l'actu, mais par contre il est infiniment tendre, touchant, drôle, bien joué. Daroussin, on le croirait jouer son propre rôle tant il est bon, vraiment : allez-y, vous serez attirés aussi par le joli visage de Jeanne, et les deux autres personnages de femmes qui complètent le quatuor.

Voilà, c'était ma séquence cinéma ; je vous parle d'un second, mais alors pas du tout aussi beau "De la Guerre", avec le défunt Departieu et Mathieu Almaric, inspiré du livre de Carl Von Clausevitz, grand (il fut lu par beaucoup d'hommes d'état du XXème, dont Mao !) stratège prussien du XIXème siècle (enfin... inspiré... de très très loin !). Le début part bien, de façon rocambolesque (un cinéaste se laisse prendre au piège d'un cercueil dont le couvercle se referme sur lui, alors qu'il tente de s'imprégner de la boutique d'articles funéraires où doit se tourner l'une de ses scènes), avant finalement de se retrouver pris dans le tourbillon d'une "drôle" de communauté... Bizarre bizarre, si vous avez le bourdon, n'y allez surtout pas... il y a vraiment des scènes très violentes ; mais ceci dit... cela fait réfléchir...

Vu aussi "quantum of solace", parce que c'est un bond : bof !

Je m'arrête, le cinéma est fermé pour ce soir.

A bientôt

Posté par biblioguyane à 15:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 18 novembre 2008

"Lisez le dernier Nobel !!!"

J'évoquais récemment ici Jean Marie Gustave Le Clézio, ce franco-mauricien au parcours et à l'écriture si variés, dont l'oeuvre a débouché sur le Nobel de Littérature 2008.

Je viens de terminer son dernier "roman", "Ritournelle de la faim", publié chez Gallimard en septembre 2008. La maîtrise de l'écriture permet à Le Clézio de sembler ici "facile" et léger, alors que ses touches délicates dépeint une situation délicate et douloureuse : le cheminement, le développement "spirituel" d'une jeune fille (sa mère ?) au travers de l'exposition coloniale de 1931 et du rêve d'un vieil homme, de bruits de bottes et de conversations de salon antisémites parfois, égoïstes souvent, d'une amitié adolescente en forme de dentelle découpée, des relations complexes de ses parents et surtout... de la guerre. Développement chronologique des faits, vécus par Ethel avec plus ou moins de détachement voire de recul - apparemment -, mais la transformant en profondeur, la mûrissant, tel un tableau, de touches de couleurs plus ou moins sombres, printanières ou hivernales. Je ne saurais analyser Le Clézio, juste après une simple lecture de son dernier né : l'auteur mérite une relecture, et j'espère bien que sa "consécration" officielle donnera à certains l'envie de le découvrir... sans les faire fuir, surtout...

L'un de mes proches a recherché sur Internet les Nobel de littérature français ; il semble que les lauréats furent plus européens qu'africains, on ne peut que le regretter. Par ailleurs, certains grands en furent écartés, d'autres victoires ont été violemment contestées. Le choix de certains fut plus politique que littéraire (Soljenitsyne, Pamuk) ; l'an dernier, Doris Lessing remporta le prix : l'un de ses livres vient d'être traduit en français, je pense que je vais prochainement craquer !

Voici, pour mémoire, les français qui ont décroché ce fameux Nobel : Sully Prudhommme, Frédéric Mistral, Romain Rolland, Anatole France,  Henri Bergson, Roger Martin du Gard, André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse, Jean Paul Sartre (qui le refuse), Claude Simon, Gao Xingjian,  puis donc Jean-Marie Gustave Le Clézio. "Intéressant" pour moi de constater que je n'ai pas lu tous ces auteurs, du moins assez pour prétendre les bien connaître ! Certes, le Nobel peut sembler, et l'est, élitiste : c'est le lot de tout prix ! Mais la qualité littéraire n'est point synonyme d'hermétisme, elle ne demande qu'à se laisser apprivoiser afin d'être mieux savourée.

Bon appétit à vous, donc ! 

Posté par biblioguyane à 15:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 7 novembre 2008

Ailleurs...

J'ai du mal à venir vous rendre visite à travers ce blog, parce que mon ordinateur semble avoir définitivement rendu l'âme... et que mes finances actuelles me conjurent de résister à la tentation (je ne vais point tenir trop longtemps !!!)

Je suis, depuis plus d'un mois, bordelaise, et ai du mal à l'admettre tant je me sens profondément imprégnée par la Guyane...Qu'est ce donc que la notion de guyanité, me direz-vous ??? aux yeux de la plupart, je ne puis me permettre de porter ce "label", et je puis l'admettre, mais il est néanmoins certain qu'on ne quitte pas ce département facilement et qu'une partie de soi y reste lovée...

Alors, entre les multiples corvées inhérentes à ce type de migration, la perte de l'ordinateur, plus beaucoup de possibilité pour prendre la plume. Un très rapide bonjour quand même, pour vous conseiller d'aller voir "the visitor", émouvant film récemment sorti faisant découvrir à un quinquagénaire américain l'Autre, la musique, la vie...

Et puis, quand même, "au passage" !!! vous dire que je suis parfaitement satisfaite que JMG Le Clézio soit plus encore "reconnu" par l'octroi du Nobel de Littérature : un grand moment pour nous, malgré les esprits chagrins dénonçant cette consécration dont l'on peut penser qu'ils n'ont pas tenté beaucoup de percées dans son oeuvre si diverse !

Avant de courir vers des occupations nettement plus prosaïques, vous dire aussi qu'au milieu du maëlstrom consécutif à mon déménagement je n'ai quand même pas loupé l'élection d'Obama ; je suis forcément un peu consternée de la récupération qui en est faite par les uns et les autres... Mais il est vrai que cela peu sembler positif, un nouveau visage à la tête des usa, en cette période mondialement si agitée : souhaitons lui bien du courage, son boulot est colossal...

A bientôt, je l'espère bien ; prenez soin de vous !

Posté par biblioguyane à 13:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 17 octobre 2008

A Bordeaux... des photos...

... de Guyane, dont je suis "pour un temps indéterminé" éloignée... mais il me semble que j'ai envie de continuer un bout de chemin sur ces pages, donc, pour oublier ce long silence, voici ce soir quelques images, parmi tant d'autres :

pubaircara_besara

Voici tout d'abord l'une des deux pubs qui m'ont ravie en septembre : l'ara, courant en Guyane, se perche sur une gargouille et surplombe Paris, tentant peut être de faire croire que c'est désormais la vue que nous découvrirons lorsque nous serons en approche de l'aéroport ?

pubaircaraibesparesseux

Celle-ci n'est pas moins attendrissante : imaginons la tête des "métropolitains" s'ils découvraient cette peluche un peu spéciale à la sortie de leur station !!!

pubaircaraibesparesseuxpalmier

Bon, ceci dit, le sieur Paresseux ne semble pas totalement décidé à s'envoler pour Paris...

palmistes2008

Puisque, finalement, nous restons à Cayenne avec le paresseux, surplombons les Palmistes, lieu mythique s'il en est, fraichement sorti de sa rénovation : je vous assure, il est magnifique...

palmistesbalcons2008

... si beau d'ailleurs qu'on s'y verrait bien s'assoupir au son de l'orchestre de saxo et guitare jouant en sourdine au rez-de-chaussée...

_lesaintjosephcocotier

Et si on partait "aux îles" pour le week end qui s'annonce ??? Sur l'ïle Saint Joseph, le cocotier forme ombrelle naturelle,

_lesaintjosephattention

... et les campeurs s'y pressent, malgré les avis (très récents !) installés partout sur la plage !

_lesaintjosephcimeti_re

Tout proche, le cimetière s'imprime pour toujours sur nos rétines,

_lesaintjosephhibiscus

Tout proche, l'hibiscus rappelle l'incroyable puissance de la vie...

Je vous laisse pour ce soir ; à bientôt, "si vous le voulez bien" (ou bien, autre version : "si vous le valez bien" ou encore "parce que vous le valez bien") : c'est selon votre humeur !

Posté par biblioguyane à 14:41 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

mardi 23 septembre 2008

Les pieds dans l'eau...

, Non non, rassurez-vous, nous ne sommes pas encore entrés en saison des pluies en Guyane (quoique... dimanche matin, une "hénaurme" averse nous l'eût quasiment fait croire !).

Une amie, nous l'appellerons Véronique B., m'a envoyé récemment un livre de Benoît Duteurtre, "les pieds dans l'eau", édité en juin 2008 chez Gallimard. Tout cela pour me rappeler qu'il existe, bien loin, à l'est du nord de l'amérique du sud, des contrées touchées par d'autres saisons aqueuses, pensez-vous ?

Point du tout (jamais elle n'aurait osé !!!) : l'histoire se déroule autour d'Etretat, très belle bourgade de Seine-Maritime, en Haute Normandie ; c'est amusant, le dernier livre dont je vous parlais, "les déferlantes" de Claudie Gallay, avait pour cadre la Basse Normandie, une Basse Normandie emplie - dans le livre - de gens simples. Ce qui n'est pas vraiment le cas des pieds dans l'eau ; l'auteur est descendant de René Coty, qui fut président de la république en des temps antérieurs. Il se penche longuement sur les rites et coutumes issus de cette origine. Il s'étend également sur les galets d'Etretat dont il nous fait rencontrer les nonchalants habitués, en opposition avec les gens de la campagne, nettement plus... "simples".

J'ai aimé ce livre en ce qu'il me rappelle Etretat et les innombrables balades que nous y fîmes "autrefois" ; je ne l'ai pas du tout aimé en son approche des cauchois, auxquels il ne rend, à mon sens, pas honneur. C'est normal, il se sent nettement plus parisien, tout en étant très attaché aux souvenirs familiaux, nostalgique d'une époque révolue. Je comprends qu'un descendant de Président ait besoin de sa page de mémoire. Mais le pays de Caux, je vous assure, c'est tout autre chose ; j'en connais quelques habitants, ils sont solides et fragiles à la fois, de vrais hommes et femmes, peut être simplement moins habitués que Benoît Duteurtre à l'art de manier la plume.

J'ai donc été un peu déçue par ce texte ; parce que je pense qu'un peu plus de temps aurait permis à l'auteur de mieux faire aboutir son propos, quelque part sympathique malgré tout.

Très bientôt, je vous envoie des photos. J'en ai fait beaucoup au cours de ces dernières semaines, dont deux de pubs d'Air Caraïbes qui se positionne face à Air France pour Paris-Cayenne et qui pour le montrer a réalisé deux très belles affiches, l'une montrant un mouton paresseux agrippé à une station de métro, l'autre un ara face à la Tour Eiffel : belle réussite qui estompe la distance !

Bonne soirée à vous.

Posté par biblioguyane à 15:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]