Malgré mon temps consacré à tenter de suivre l'actualité guyanaise, je n'ai pas oublié le plaisir de la lecture... Encore que les deux derniers "petits lus" ne soient pas follement gais. Mais utiles. Pour la mémoire collective, pour la mienne aussi !

Le premier est de Philip Roth, il s'appelle "le complot contre l'Amérique" (titre original : "the plot agains America", traduit par Josée Kamoun ; ce n'est pas son dernier roman, le dernier, c'est "un homme", sorti en 2007. Je ne l'ai pas lu, pas plus que je ne me ferai l'intégrale. Philip Roth est un auteur américain né au début des années 30 ; concerné directement par les problèmes de la communauté juive, le jeune héros vit l'inquiétude de sa famille lors de l'investiture du "président" Lindbergh... : mélange de vérité et de fiction, ce roman est partiellement autobiographique et les impressions, craintes, du jeune garçon devant la montée de l'antisémitisme dans son pays, les interrogations d'un peuple face à l'engagement du pays dans une guerre qui ne les concerne a priori, sont justes et m'ont fait voir d'un oeil nouveau la guerre côté USA.

Déstabilisant par sa complexité, bien écrit mais pas forcément si fluide que cela, ce livre vaut le coup. Il est nécessaire de découvrir toujours un peu plus une partie plus élargie du monde... il n'en est jamais trop tard...

Restons dans le champ de batailles, c'est d'actualité (non, non, pas par rapport à la Guyane, par rapport à l'anniversaire de la fin de la guerre 14-18, "la dernière", comme "y disaient" : on n'est plus du tout dans la fiction, il s'agit là des notes prises jour après jour dans les tranchées par un poilu guyanais, mobilisé dès 1914, "vaillant" jusqu'au bout. Après la guerre, rentré chez lui, dans le Sud-Ouest, il remettra en forme ses notes, et sa descendance le fera publier en 1978. Il le mérite bien... Il s'agit donc de "Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918"réédités en 2003 par les éditions de La Découverte. Socialiste, Louis Barthas ne garde ici pas pour lui tout le "bien" qu'il pense des officiers. Il décrit le quotidien des poilus, le carnage, les horreurs supportées quotidiennement, la mesquinerie et la tyrannie de certains officiers - mais sait aussi souligner l'attention d'autres chefs - ; il décrit l'état des territoires traversé, la tension vécue au jour le jour, les rencontres imprévues, quasi amicales (rarissimes !) dans les tranchées avec des soldats allemands, il nous fait vraiment vivre cette tragique expérience : pour moi, la lecture de ce livre, dur page après page, est quasiment pour nous un "devoir de mémoire". Je ne regretterai pas cette lecture, et je vous la conseille... mais soyez en forme quand même !

A  très bientôt.