... à cause d'Anne Marie Garat et de son dernier-né dont j'attendais tant de délices, L'enfant des ténèbres, publié par Actes Sud en avril 2008.

Ben oui, je suis déçue, j'avais tant attendu la suite de "dans la main du diable"... que je vous conseille de lire, vivement si ce n'est déjà fait malgré mes recommandations antérieures !

Je suis au milieu de ce nouveau pavé, qui nous replonge dans cette famille si représentative d'une époque - début du XXème -, avec ses éléments disparates et personnalités détonnantes, et j'ai du mal. Les cent premières pages du livre sont encombrées de personnages dont on ignore la provenance, l'auteur a lâchement abandonné Gabrielle et Pierre, ou du moins n'y fait que peu allusion ; certes, Camille revient, et Simon, avec leur fougue et leur passé, mais vraiment, que de difficultés à se repérer en ce labyrinthe d'évènements et de personnages qui débarquent pour quelques lignes : c'est vrai, je suis désappointée, mais JE N'ABANDONNERAI POINT !!!

Enfin... une amie m'a prêté Les déferlantes de Claudie Gallay, auteur dont je vous avais parlé pour Seule Venise il y a quelques mois, et je me suis plongée dedans en "oubliant" l'enfant des ténèbres. Les déferlantes, publié par les éditions du Rouergue également cette année, n'est pas une somme de références historico-scientifiques comme l'enfant des t., c'est une histoire nettement plus intimiste, qui s'enroule autour du Nez de Jobourg (c'est là-bas, en métropole, en haut de la Normandie), en pleine tempête. Les personnages heurtés par la vie qui s'y retrouvent ne peuvent que s'y rencontrer en profondeur. Grande mélancolie, un peu moins peut être que dans "seule Venise", truculence de certains portraits, sauvagerie des éléments, scalpel de l'analyse : je sens que je ne reprendrai pas le premier avant d'avoir fini celui-ci !!! Merci donc, Dame S., de ce prêt !

Et comme ici, je les prends souvent par trio, il faut que je vous parle d'un livre simple et séduisant de Patrice Olivier, "Kayodé : une communauté amérindienne en Guyane" édité en mai 2008 par l'Assocation Terra incognita, basée en Normandie, dans l'Orne.

C'est un récit tout simple, ponctué de photos plus ou moins artistiques mais réalistes et sympathiques comme tout, qui nous introduit dans un village amérindien, situé sur le Tampoc, affluent du fleuve-frontière (avec le Surinam) du Maroni. Une famille s'y raconte au fil des textes, à travers ses activités, sa composition, ses liens avec la communauté ; l'artisanat s'y découvre, outil quotidien toujours efficace, objet d'art pour les "étrangers" que nous sommes. Découvrir le monde amérindien par ce livre est une entrée très sympathique... pour tous les âges, vraiment !

A très bientôt ; je regrette que le temps passe si vite et qu'il ne m'en reste si peu pour alimenter d'une façon plus dynamique ces pages... Dans une autre vie, peut-être ?