Une grosse averse vient de bouleverser la nuit tropicale, éloignant crapauds et grenouilles de nos oreilles musicales... Hier soir, pile à l'heure, Ariane 5 a décollé et réussi sa mission de semeuse de satellites, mettant sur orbite deux nouveaux outils de communication ; en Guyane, on s'interroge toujours sur les fameuses explosions du 21 juin à l'aube et cela fait toujours débat chez les "bladanautes", pendant que, toujours sur Blada, l'éternel et épuisant débat sur les motivations amenant les métropolitains fait rage (l'argent, bien sûr, l'argent toujours l'argent, évidemment !) : parfois, j'aimerais prendre ma plume pour participer à ce passionnant sujet, mais vraiment... ; quoique, exaspéré sans doute du niveau, l'un ou l'autre des bladanautes tente parfois - plutôt vainement, il faut bien le dire - de provoquer prise de conscience et réflexion, ce qui me conduit à continuer à visiter ce site, qui pourrait vraisemblablement faire l'objet d'une thèse de sociologie, voire d'ethno. Sujet "récurrence des thèmes abordés par les habitués du site Blada et étude des modes de diversion apportés par des trublions"...

Bon, ce n'était point l'objet de mon message ; je voulais vous parler bouquins, parce que, quand même on est presque en vacances et qu'il faut faire un stock.

Petit polar, d'abord, écrit par Jô Soares "élémentaire, ma chère Sarah !" ; Jô Soares est brésilien et nous entraîne ici dans une parodie brésilienne de Sherlock Holmes, lui même ressuscité pour courir au secours de Sarah Bernhardt, "en tournée" à Rio : meurtres horribles diaboliquement exécutés... L'assassin sera-t-il cerné par le Grand Détective anglais ??? Paru au Brésil en 1995, il est traduit par François Bosso et le Livre de Poche le propose à 8 € (en Guyane ! en métropole, il coûte 6,95 €). (Normal : ce qui est rare est cher ; le livre étant ici assez rare - relativement à d'autres lieux de densité démographique équivalente -, il est donc cher !) (Non, c'est de l'humour... C'est le transport, l'octroi de mer, et tout et tout)

C''est injuste pour eux, mais je ne vais pas être très longue pour deux romans : d'abord "Pardon", de l'australienne Gail Jones, traduite par Sika Fakambi et publié en 2007 chez Mercure de France. Je vous le recommande vraiment particulièrement, il m'évoque Doris Lessing : vie au fond du bush d'une famille égarée... Drame, déroulement au petit point d'une enfance traumatisante, dénouement étonnant... quoique ? Vraiment, bien écrit ; l'Australie "sort" ses auteurs, et Gail Jones est très reconnue chez elle ; elle devrait l'être ici aussi ?

"Le voyageur malgré lui", d'Anne Tyler, publié chez Stock d'abord en 1987, puis en 2008, montre une grande finesse d'analyse sous une apparente drôlerie : c'est l'histoire d'un homme qui doit écrire des guides de voyage pour hommes d'affaires pressés... alors qu'il déteste sortir de ses habitudes. Bien sûr, l'histoire est infiniment plus complexe ; elle alterne situations amusantes et émouvantes, qui ne m'ont pas forcément convaincue. Bon, si vous l'avez sous la main, vous "pouvez le lire"...

A plus tard !