Un salon du livre, ou de l'habitat, ou du tourisme, ou du... tout !!! a deux faces, comme une pièce de monnaie : pile ou face ! Côté pile, c'est clean, c'est tout bon, tout beau - pour les visiteurs. Côté face, c'est moins évident, c'est plus frustrant : rendez-vous compte, je n'ai pu assister à aucune conférence, aucun "café littéraire". Bon, j'en entends parler, c'est pas mal non plus... Mais je n'ai pas écouté directement, et ça j'aime bien, vous le savez ! Ainsi, hier soir, la première conférence réunissait Marcel Dorigny (historien bien "assis"), Nicolas Rey (pas l'animateur de Canal Plus, même si le programme montre sa photo...) ("le nôtre", c'est un anthropologue), Evelyne Trouillot - Universitaire haïtienne, romancière, bien sympathique -, Serge Mam Lam Fouck, docteur en histoire guyanais. Le thème : esclavage et plantations. Chaque intervenant, paraît il, parle un quart d'heure environ ; Marcel Dorigny, très carré ; Nicolas Rey, l'interlocuteur qui me relate les faits est sidéré, vient du Mexique uniquement pour cette soirée... où il n'apporte rien de très innovant par rapport à d'autres écrits, mais, dans la mesure où les participants ne connaissent certainement pas tous ! Bon, jusqu'ici, "tout va bien" ; le seul problème c'est qu'après, débat. Et que là... On ne reste plus du tout dans un domaine vraiment cadré, scientifique, raisonné et objectif, on repart sur les débats passionnés idéologiques : "on parle d'esclavage... mais est-on libres aujourd'hui ?". Bon, c'est comme cela ici, c'est comme ça ! A mon sens dommage de ne pas profiter de la présence de Dorigny pour creuser son parcours et comprendre, entendre, ce qu'il a acquis sur le sujet au fil de ses travaux de recherche. Quant à lui, que lui reste-t-il de sa soirée ? Un peu d'amertume peut-être, style "tout ça pour ça ??"

Bon, j'ai raté cela ; mais je ne rate pas les enfants qui viennent écouter sur l'espace franconie les contes que leur distille ma douce voix fluide (qui s'éraille au fil des minutes...) (trois groupes de vingt, sans préparation ni "bon" bouquin antérieurement apprivoisé...), grande spécialité d'une gestionnaire de fonds adulte, comme chacun le sait, je ne rate pas la bonne volonté et le plaisir des concurrents du jeu que nous avons réalisé à la bibliothèque (quiz à partir de "la vie et l'oeuvre" de la plupart des auteurs présents sur le salon), - on les aide "un peu" ! -, des journalistes m'interpellent sur ledit concours, Miguel Chikaoka, le photogaphe brésilien, passe sur le stand pour discuter de son atelier que nous organisons demain avec lui - et les jeunes d'une association -, Evelyne Trouillot passe, souriante, petit intermède avec une réunion de professionnels, des amis passent et papotent, rencontre furtive avec des auteurs : journée chargée, demain sera certainement aussi rempli... Alors j'entends le cri rauque des singes hurleurs évoqués au dîner avec des collègues de passage et décide d'aller me coucher !

C'est, malgré la fatigue, les imperfections, les bugs et les heurts inévitables, une particulière parenthèse, une petite communauté qui se forme (voisins de stand, s'pas !), des clichés lorsqu'une cubaine passe un temps fou à éplucher chacun des livres de photos sur Cuba que nous exposons ici, qu'un enfant s'endort sur un coussin, qu'un monsieur âgé déclare s'enfermer dans sa voiture pour faire le concours, en solitaire...

Bon, cette fois je vous quitte. A bientôt !