Je sais, je sais, le titre est TRES mauvais, puisque la "maison" Deyrolle, fondée vers la moitié du XIXème siècle, a inondé de ses cartes et panneaux scolaires (mammifères, champignons, animaux de la forêt amazonienne...) les murs des classes de nombre d'écoles... Et moi-même, "amatrice éclairée" de la "chose" scolaire, connaît bien la maison. Quand j'étais jeune (enfin, vraiment jeune), nous allions de temps à autre dans ce magasin-musée situé Rue du Bac à Paris (cela m'ennuyait prodigieusement à l'époque !) découvrir quelque nouvelle publication ou admirer les superbes animaux empaillés qui vous effrayaient au premier étage. Et je voulais faire goûter à "l'un de mes proches" cette saveur de petite madeleine quand je découvris, une fois arrivée devant le magasin, que celui ci avait partiellement brûlé en février dernier : que diantre, me dis-je, je n'étais point informée par ma chaîne d'infos quotidienne de ce drame : ô rage ! ô désespoir ! Et non, je doute fort qu'en Guyane quiconque connaisse ce véritable temple de l'enseigement par l'image que représente Deyrolle. A découvrir lors d'une balade métropolitaine, parce que des travaux sont en cours et que, petit à petit, le magasin redevient musée. Je pense que quelques planches originales de cartes ont néanmoins disparu, mais je ne doute pas que Deyrolle puisse se reconstituer petit à petit son fonds.. Je le souhaite très fort pour eux, pour nous !

J'y ai découvert par hasard un trésor publié en 1955, aux éditions Pierre Horay "mes chasses aux papillons", d'eugène Le Moult : passionnant voyage d'un entomologiste en... Guyane, je vous le recommande. Je ne sais si Franconie le possède mais, au-delà d'une simple description de papillons et de manière de l'attraper, c'est un récit de voyage passionnant relevant de l'ethnologie de l'époque que nous découvrons ici. Il en restait deux après mon passage, je ne sais si j'aurai le temps d'aller les acheter avant mon retour vers la Guyane !

Depuis l'atterrissage de notre bel oiseau blanc, vendredi matin, nous avons pu aller au cinéma trois fois, et cela fait vraiment du bien. "A bord du Darjeeling Limited", d'abord, nous plonge.. en Inde, mais vous l'aurez deviné, où trois frères partent à la recherche de leur mère après la mort de leur père ; plein d'humour, le film est très bien interprété par trois "frères" aussi différents que proches, agressifs qu'attentifs... Une belle quête, des personnages "hauts en couleur", dans un pays abordé sous l'angle rural. Si jamais il passait par Cayenne, prenez le Darjeeling, surtout ! Lendemain soir, on en veut toujours, on va voir "There will be blood"... Alors là, quelque peu plus hard : la progression fulgurante (professionnelle) accompagnée d'une descente aux enfers (personnelle) d'un américain découvrant des puits de pétrole, de la fin du XIXème aux années 20. Un bel homme, "fort et viril", un enfant "vif, intelligent" (au début), un "homme de Dieu" (charismatique... peu soucieux d'un minimum d'éthique !), quelques rapaces : magnifique Daniel, fin tragique et imparable. Deux heures et demie, quand même. Cela vaut le coup de se rendre compte que la soif d'enrichissement personnel n'apporte pas a priori la paix, des fois qu'on l'aurait oublié ! Et puis, ce soir, dernier du trio : "Gal", qui rappelle un passage véridique de la lutte anti ETA menée - à sa façon - par une partie du Gouvernement espagnol dans les années 90 : long aussi, quelque peu dur, mais très informatif, intéressant.

Bref, pas vraiment de l'humour, tout cela ; à vrai dire, j'avais regargé "bienvenue chez les ch'tis" dans l'avion, et avais été très déçue. J'ai - honnêtement - beaucoup ri à certains moments, naturellement (l'accueil de la femme par les locaux est un morceau d'anthologie très bien vu, naturellement !), mais ai été globalement déçue. Ce n'est pas vraiment dramatique... De la même façon, je redoute quelque peu le passage à l'écran de l'Elégance du Hérisson, dont l'un des personnages principaux, la concierge, serait joué par Josiane Balasko ; je l'aime bien, mais je m'étais faite ma petite concierge à moi, menue et petite souricette, pas forcément si petite que ça d'ailleurs !!! Faut jamais aller voir des films tirés de bouquins qu'on a aimé, c'est évident, comme il est évident que je ne résisterai vraisemblablement pas !!!

Sur ces considérations, je vais vous laisser ; si vous passez par Paris et Boulogne, allez vous balader dans les jardins Kahn, c'est très paisible et bien entretenu, superbe jardin japonais, atmosphère bien rendue de la forêt vosgienne...

A très bientôt : on va faire un tour à Bordeaux, rapide ; millezesscuses à ceusss auxquels je ne prends point le temps d'écrire en ce moment... Tout passe trop vite !