Je pense que j'étais tombée un peu par hasard sur "Les larmes noires" de Julius Lester, chez Gibert, à Paris, lors de nos boulimiques descentes chez les libraires locaux. Publié en 2007 chez Hachette Jeunesse, il n'a rien pour moi d'un livre pour enfants, ou alors dans le cadre d'un travail de mémoire sur l'esclavage, peut-être ???

Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui est américain ; né en 1936 dans le Missouri, il est fils d'un pasteur méthodiste, et apprend dans ses jeunes années que l'un de ses grands parents était juif allemand ; universitaire, il se convertira au judaïsme et s'engagera dans de nombreux mouvements de non violence, droits civiques... chanteur folk "engagé", ses nombreux écrits témoignent également de ses priorités.

Les larmes noires retracent le récit de la "plus grande vente des esclaves" des Etats Unis, qui s'est réellement déroulée en 1859 (presque cinq cents personnes furent ce jour-là "éclatées" entre de nouveaux propriétaires, leur ancien "maître" ayant perdu au jeu...) : c'est par la bouche de plusieurs esclaves, surtout, dont celle d'Emma, que l'on entend ce récit présenté comme une pièce de théâtre. Certes, c'est pour les enfants, parce qu'on y parle d'enfants (Emma s'occupe des enfants de l'ancien propriétaire, elle est vendue alors qu'elle devenait revenir à la maison...) ; il y a les "bons" blancs (rares, très rares en ces lignes) et les ambitieux... Ce qu'il y a surtout, c'est cette écriture simple qui rend la réalité plus cruelle encore que si le style était ampoulé et que pullulaient les détails...

Bon, le Salon du Livre de Cayenne a beau se tourner vers l'esclavage, je vous parlerai bientôt d'autres livres... Mais je vous "dois" aussi plein de photos.

Lisez ces larmes, chacune d'elle est diamant.