... que nenni, braves gens ! : si on lui décernait le prix d'excellence, cela risquerait de le faire s'assoupir sur ses lauriers, et de cela il ne saurait être question...

Je vous avait dit récemment que je vous parlerais d'"un léopard sur le garrot : chroniques d'un médecin nomade", de Jean Christophe Rufin, publié chez Gallimard en janvier 2008 (na na na na nère, je l'ai trouvé en Guyane !). J'ai un peu honte de le faire, tant ce livre mérite mieux que ces quelques gribouillis écrit d'outre-mer - et qu'il n'a nul besoin que je le recommande à qui que ce soit, et que de toutes façons il sera décortiqué sur bien d'autres pages que celle-ci...

Notre tout neuf Ambassadeur de France au Sénégal n'est autre que cet ancien prix Goncourt (pour Rouge Brésil, que je ne saurais trop vous recommander...) ; il m'est devenu "un peu" plus proche lorsque le libraire avec qui je commerçais dans mon ancien poste métropolitain m'en a parlé, à l'issue d'une après-midi en son repaire : il le décrivait comme quelqu'un de particulièrement chaleureux, simple, disert : le rêve, j'imagine, de tout libraire !!!

"Un léopard sur le garrot" n'est pas un roman, mais se lit "comme un roman" ! Le style en est particulièrement plaisant, le contenu attachant. Pour ma part, j'ai aimé ce récit simple d'une vie, qu'il entame par son expérience d'averse tropicale adoucie par la prévenance d'un majordome impassible... La médecine est sa passion, l'aventure humaine le mène ailleurs, il la narre sans prétention malgré son exception. Déception devant l'inhumanité des mandarins hospitaliers, enthousiasme dans l'engagement humanitaire, découverte du monde, plongée dans l'écriture, description - un peu trop polie ? - du monde littéraire... Avec une manifeste altérité et un goût de vivre qui nous pousserait presque à nous lancer dans ce que jamais encore nous n'avons encore tenté : aller jusqu'au bout de nous-même ???

Point ne soyons agacés par cette vie rêvée qu'aujourd'hui mène Monsieur l'Ambassadeur : certes, elle semble dorée, mais le quotidien d'une ambassade n'est point si facile, vraisemblablement, et cela ne semble pas lui ôter l'envie d'aller jusqu'au bout de sa vie avec pour bagage un balluchon empli d'espoir...

J'ai voyagé grâce à vous, j'avais déjà pressenti le "petit fils" de Dumas dans Rouge Brésil, vous vous en déclarez l'héritier aujourd'hui. Continuez à travailler, surtout ...

J'avais assez peu apprécié Globalia, nettement plus le parfum d'Adam, le léopard me convient bien ! alors, trouvez-le vite !