... alors voici deux livres titillant les papilles gustatives, cela ne va pas arranger mon cas !

Voici "Une gourmandise", de Muriel Barbery. Muriel Barbery, c'est l'auteur de "l'élégance du hérisson", qui a été tellement plébiscité l'an dernier, dont je vous avais déjà parlé. La gourmandise a été écrite - et publiée - avant le hérisson ; elle avait d'ailleurs décroché le Prix du Meilleur Livre de LIttérature gourmande en 2000, mais j'avoue l'avoir totalement raté. Est-ce dramatique ? Il n'eût point fallu lire en premier l'élégance du hérisson, dont certains personnages sont particulièrement forts. On rencontre dans la gourmandise plusieurs silhouettes devenues familières dans le second livre. Nous sommes dans le même immeuble...

Il y a des descriptions d'effluves, de confection élaborée de plat, de fragrances parfaites ; ce qui est moins agréable, c'est le lien entre les différents personnages, le passage au dialogue intérieur des uns aux autres : dommage, mais cela ne rend pas pour autant inintéressant ce livre, qui est quelque part la préface du hérisson.

J'ose à peine vous parler de l'enchanteur et illustrissime gâteau café-café" d'Irina Sasson, écrit par Joëlle Tiano et publié chez Intervista dans la collection "les mues" en mai 2007. J'ose à peine, parce que vous devez tous connaître, et que je suis tombée dessus par hasard dans une super petite librairie "le livre écarlate", rue du Moulin Vert, à Paris. Le look du livre rappelle Joëlle Losfeld, petits livres à la couverture cartonnée colorée et joliement illustrée. Revient en boucle et en italique la recette de ce magnifique "gâteau café-café" dont Irina tente de se souvenir, rebondissant sur les multiples évènements de sa longue vie, plutôt se servant de ce gâteau comme centre d'une sarabande d'émouvants instants de vie. Plus s'affine la recette, plus se raffinent les sentiments.

Vous ferez la recette, j'en suis sûre ; d'abord, moi, je la ferai, parce que ma Maman à moi elle faisait un délicieux gâteau avec ces fameux "Thé Brun", et que je recréerai ainsi un peu ce sentiment de petite madeleine... enfin, quand la grève des dockers aura libéré dans les rayons des supermarchés des flots d'ingrédients indispensables, qui commencent à manquer... Plus de nourriture, pas même intellectuelle : je crains fort que le container où sont les cartons de livres venant de nantes et destinés à la bibliothèque vogue en ce moment même vers Trinidad et Tobago... Pour d'aucuns, cela fait exotique, pour nous, c'est quelque peu ennuyeux. Quand la grève dure, et que l'on ne peut donc plus décharger les contenus des navires, les bateaux ne prennent pas le risque de s'approcher de Cayenne, ils repartent au large, attendent un peu... Après, ils ont le choix de repartir ou de décharger leur cargaison dans un port caribéen...

Ne vous en faites pas, on a encore de quoi manger !!! même si... j'ai faim !

A bientôt