Or donc, ainsi que je vous l'écrivais dans mon dernier message, nous devions quitter Cayenne pour Maripasoula, ville située en amont du fleuve Maroni, où "l'un de nos proches" (???) vient d'y commencer un travail de quelques mois.

Je vais prochainement créer un petit album "maripasoula", non pour les qualités architecturales hors pair de cette ville, mais en espérant vous plonger - de très loin - dans cette atmosphère de campagne qui y règne. Ayant eu l'honneur et l'avantage de pratiquer une immersion totale en campagne profonde, j'y appréciais les relations simples et directes qui peuvent s'y nouer. A Maripasoula, j'ai été frappée par la simplicité des "bonjour !" dans les rues / sur les pistes. Cela fait du bien, on se sent en vacances !

Je ne pars jamais sans des billes (traduire : bouquin), et j'avais un gros livre, "Calypso de nuit", de Lawrence Scott. Traduit de l'anglais "Trinité et Tobago" par Stéphane Camille, édité par Sabine Wiespieser en 2005, je ne l'avais pas encore entamé. 688 pages : même pas peur ! mais il faut quand même un peu de temps... qui s'y est prêté, puisqu'on a profité de plusieurs heures de pluies.

La Calypso m'évoquait le Commandant Cousteau et son navire de recherche océanographique, puisque "notre père", dans les années 50, y passa quelques temps pour y installer des caméras adaptées aux travaux en cours. La Calypso, ici, veut dire : "danse de la Jamaïque, musique qui accompagne cette danse". Elle va accompagner la lecture de ce livre de plus en plus mélodieusement et violemment à la fois au fil des pages. Le livre est vraiment magnifique. L'intrigue rassemble trois principaux personnages (Vincent, Thérèse/Madeleine et Théo) dont l'histoire individuelle, faite d'heurs et de douleur, ne peut que saisir. Le gros de l'histoire se déroule dans une île des Caraïbes, pendant la seconde guerre mondiale. Ile consacrée aux Lépreux. Il  y a des religieuses, il y a des hommes, il y a de la danse, du feu, de la haine et de l'amour. C'est beau, c'est universel. Vincent, le médecin, est issu d'une famille de planteur. Théo, l'enfant, c'est le contraire. Un petit passage, pour la route (c'est Vincent qui se souvient) :

"Contrairement à Bernard, son frère, il avait des amis proches parmi eux. Mais, le soir après l'école, ils rentraient séparément chez eux, dans des maisons différentes. Quand il passait dans la voiture de son père, il voyait leurs maisons de part et d'autre des routes, entassées dans des ravines, penchées sur des promontoires rocheux. Ils vivaient dans des baraques d'ouvriers des plantations, les squelettes de leur refuge rêvé, avec leurs côtes en bois qui laissaient deviner, la nuit, leurs intérieurs, les ombres des gens de la maison, la lumière incertaine des lampes-tempête. C'étaient des maisons à moitié finies, pour des vies qui, il commençait maintenant à le penser, étaient des moitiés de vies. Mais qui était-il pour dire ça ? Il y avait peut-être des vies entières, vécues contre vents et marées. C'était lui, peut-être, qui n'avait vécu qu'une moitié de vie." Elle est pas belle, la vie, quand on "entend" ces mots là ???

N'ayez pas peur de vous jeter dans ce livre là, c'est plus prenant qu'un super polar et riche de poésie et de vie endiablée, dans tous les sens du terme ! Le titre est très bien choisi...

Enfin, c'est vous qui voyez !

La semaine dernière, je vous faisais cadeau d'une photo de serpent ; il s'agit du serpent chasseur, qu'il convient de ne pas trop provoquer. Voici aujourd'hui une délicieuse petite chenille... dont l'un de nos amis a pu découvrir la puissance urticante alors qu'il jardinait en son jardin, la semaine dernière. Elle serait ici à son quatrième stade de développement (avant son éphémère existence de papillon)... Elle est belle.... mais qu'est ce qu'elle fait mal !!! Attention, don't touch it... et si vous êtes allergique, allez chez le toubib. Un seul hic : sa couleur est proche, "un peu", de la végétation environnante !

Automeris_liberia

A très bientôt !