Bon, c'est un peu grandiloquant comme premier message de l'année, excusez-m'en... mais bon, je sors du "dernier roi d'Ecosse", film  éponyme du livre de l'anglais Giles Foden. Il relate - de façon romancée, certes, mais quand même... - une partie du règne d'Idi Amin Dada, au début des années 70, en Ouganda. Très beau film, plein d'idéalisme dans ses premiers pas, de plus en plus lourd au fil du film. Je vous le conseille, il est super bien joué par Forest Whitaker dans le rôle d'Idi et James MacAvoy dans celui du docteur Garrigan. Le film diffère manifestement pas mal du livre, voulu moins excessif par l'auteur. Bon, moins excessif, quelle signification, mais si vous pouvez le voir, louer, etc... (il a dû sortir en 2007 en dvd), regardez-le, c'est assez crédible.

Maintenant, et avant de donner une suite à mon titre, j'épands devant vos yeux - étonnés, si si, je le sens - un chant de fleurs locales (porcelaines, héliconias et autres orchidées, de la plus rustique à la plus raffinée...), aux diverses et superbes nuances - tout à la fois pour vous souhaiter une bonne année et vous faire oublier ce long silence inadmissible !

Ah certes, l'infernal internet nous grignote bien des minutes qui seraient fort utilement employées ailleurs, mais quel abîme lorsqu'il nous est lointain, par le jeu des errances en vacances, ici ou ailleurs...

J'ai été plongée dans un gouffre lorsque j'ai appris l'assassinat de Benazir Bhutto le 27 décembre dernier, idem lorsque j'ai connu le désastre du Kenya. Je ne vais point continuer à décliner les drames actuels sur un chapelet aux grains de pierre de plus en plus acérée, mais l'on peut se demander quand même si on ne devrait pas se décarcasser, tous autant qu'on est, pour s'activer plutôt que de s'apitoyer, pour donner à l'homme - en nous, en l'autre - sa vraie dimension au lieu de le critiquer ou d'en avoir peur. Bon, c'est facile à dire, moins à appliquer...

Rentrée à Cayenne hier, j'ai repris le chemin de l'école ce matin ; j'aurais plein de choses à vous raconter, plein de photos à mettre en lignes... si j'avais du temps...

Mais je ne puis néanmoins clore ce premier message de l'année sans vous indiquer deux méthodes religieuses pour redonner lumière à la vie. Ne le prenez pas forcément au premier degré, je vous en remercie par avance...

Dans le France Guyane daté du week end du 5 janvier, un article en page 3 éveille ma curiosité "première cérémonie vaudou de l'année" ; en voici des extraits : "ce soir... l'association Neg D. organise la première cérémonie vaudou de l'année. Comme en 2007, mêlant gâteau, punch, coco et incantations, on va remercier les esprits de leur protection durant les 354 jours écoulés et demander bienveillance pour 2008. Un autel est dressé, images, bougies, bouteilles et gâteau... Devant l'autel, l'"oungan" (prêtre) présidera la cérémonie... La cérémonie vise à faire connaître la religion vaudou. En toute transparence : "on nous fait porter un fardeau disait xxx l'an passé en disant que la religion vaudou est de la sorcellerie. Mais nous voulons montrer que quand est vaudouisant, on vit dans la lumière."

En Guyane, venu d'Afrique et d'Haïti, le vaudou est effectivement une pratique religieuse relativement courante ; la bibliothèque franconie a quelques livres sur le sujet, très méconnu par ailleurs. Au calvaire du Mont Bourda, le sommet est parfois le lieu de cérémonies ainsi qu'en témoignent écoulements de cires et autres objets trouvés sur le site.

Etrangement, aux infos régionales de ce soir, Monseigneur Lafont, évêque de Cayenne, montrait aux journalistes quelques unes des centaines de Bible, à peine débarquées... Il a pensé à les faire éditer spécialement pour les guyanais, afin qu'ils en soient fiers et se l'approprient ; des photos sur la couverture doivent vraisemblablement évoquer la Guyane et sa forêt. A priori gratuites, elles seront financées - espère le Père Lafont - grâce aux gens qui voudront bien donner quelque monnaie en échange de l'ouvrage.

Voici donc que deux des plus importantes "religions" locales entrent en piste pour rassurer et/ou séduire leurs ouailles ; ne voyez aucune ironie dans mes propos : je puis également vous parler d'une connaissance qui donne une partie non négligeable de son salaire à la secte (enfin, église répertoriée comme secte) à laquelle elle appartient. Mais qui n'assure pas forcément l'intégralité des ses horaires de travail, prise par les activités de son "église".

Nous sommes parfois nés dans un milieu "croyant" et ne devrions nous permettre de critiquer tel ou tel qui ne pense pas comme nous - qui d'ailleurs ne sommes pas "obligés" de croire... Un indice de la crainte des populations est la ferveur dont elles témoignent en période de crise ; crainte basée sur des faits réels, ou entretenue par des prêcheurs sans scrupule ???

La religion catholique et le vaudou ne sont pas ici attaqués ; je vous parlais seulement d'eux parce qu'un rapprochement tel que celui d'aujourd'hui me semblait tout à fait "improbable"... et pouvant déboucher sur quelques réflexions !!!

Bon, je n'oublie pas que je suis bibliothécaire, que j'aime un peu lire, mais je vous laisse pour ce soir. Le décalage horaire se fait sentir, il est trop tard...

Très bonne année, une fois de plus, à vous. A bientôt