Ces temps-ci, je ne vous ai guère parlé bouquins, je vais me rattraper ce soir. Une petite maison d'édition, que je ne connaissais et que m'a fait découvrir récemment un ami, les Editions d'un Monde à l'Autre ; tout petit catalogue de livres, essentiellement tournés vers le handicap. J'ai découvert, grâce à Denis, Cyan @ Volubilis, d'Anne Poiré. Destiné aux adolescents, mais vraiment agréable à lire par des zadultes, il permet à deux jeunes "mal dans leur peau" pour des raisons... très différentes... de se découvrir, de se rencontrer. Le handicap est le noeud de cet éditeur, qui a un site : www.editions-ma.com.

Voici maintenant un livre surprenant d'André Brink, la Porte bleue. Il a été édité par Actes Sud en 2007.  Je ne suis pas vraiment à la hauteur pour vous parler des livres de cet auteur afrikander né en Afrique du Sud en 1935... Il dit de lui-même qu'il naît réellement en 1960, sur les bancs du jardin du Luxembourg à Paris, lorsqu'il apprend les massacres annonciateurs de l'Apartheid. Il va d'Afrique du Sud en France avant d'opter pour son pays d'origine, écrit de nombreux livres souvent primés, pas forcément très faciles à aborder - ni par le style, ni par le thème, qui ne nous est pas forcément connu -, mais essentiels. La Porte bleue est différente de son prédécesseur, et j'imagine qu'il a été surprenant pour tous : c'est l'évocation d'un rêve,  puis histoire fantastique... un homme marié se retrouve devant une porte bleue - celle de son atelier de peinture -, ouverte sur une toute autre "vérité" familiale... Effondrement de certitudes, vacillement de tout l'être, choix à faire, cauchemars : qui est l'homme, quelle maîtrise a-t-il de sa vie ??? Ecrit par un être habituellement tourné dans ses écrits par les douleurs de son pays, ce roman s'adresse simultanément aux êtres épris de tolérance - femme blanche, femme noire, - mais aussi à celui s'intéressant aux complexes méandres de l'être humain : à lire, vite, et profitez-en pour découvrir ou mieux connaître un auteur dont l'engagement et le style en feront l'un des grands de notre époque.

L'on pourrait être tenté de faire un parallèle entre la Walkyrie et le professeur, de Michel Arrivé, dont je vous parlais récemment et conversations avec le maître, de Cécile Wajsbrot, publié chez Denoël en juin 2007. A cause du titre, d'abord (relations d'une femme et d'un homme, l'homme étant "professeur" ou "maître")... Du thème, aussi : relations hommes/femmes. Mais on peut s'arrêter, les similitudes ne sont point légion... Encore que... Le style de Cécile Wajsbrot est très musical, doucement rythmé, et cela convient parfaitement à l'histoire qui met en scène un artiste à fleur de peau, qui traverse une période profondément difficile et une jeune femme, au rythme musical beaucoup plus vif et... instable ! qui vit difficilement leur délicate relation. Relation qui jamais n'atteint la fusion - relatée - mais qui est si bien effleurée au fil des pages qu'elle devient quasiment insoutenablement sensuelle : et donc... est-on si loin de la walkyrie ? Curieux que ces deux livres me soient tombés entre les mains à la même période. Lequel je préfère ??? Ah non !!! Allez-y, vous, lisez-les tous les deux, et parlez-m'en, surtout !!! Mais vraiment, si chacun ne peuvent que nous interpeller, la lecture de "conversations avec le maître" est pour moi plus mélodieuse, même si la walkyrie est plus énervante, et qu'il est utile de se sentir "agacé" dans ses lectures !!!

Je ne vais pas vous en rajouter un autre, et pourtant... j'en ai plein dans ma besace !

A bientôt !